L’hôtellerie devra promouvoir la culture

Actualités - 05 nov. 2026

Alors que le secteur de l’hospitalité est en pleine mutation et que le salon EquipHotel ferme ses portes ce soir à Paris, Le Figaro a recensé quelles seront les évolutions probables d’un secteur d’activité en croissance forte dans le monde et qui devra répondre à des nouvelles demandes et contraintes. La promotion de la culture locale dans ses diverses expressions et la mixité d’usages du MICE compteront parmi les enjeux notables. Extraits choisis.

« À quoi ressemblera l'hôtel de demain ? La question est aussi vaste que le secteur de l’hospitalité et du voyage lui-même, qui fait travailler 371 millions de personnes dans le monde. Au cours de la prochaine décennie, il pourrait même représenter un emploi sur huit, selon le World Travel & Tourism Council, qui rassemble les acteurs privés du tourisme. L’hôtel est-il voué à devenir plus écologique ou plus technologique, plus humain ou plus robotisé, inventif ou bien axé sur ses fondamentaux, davantage ouvert à l’extérieur ou pensé comme un refuge ?

« C’est une vaste et passionnante question », s’enthousiasme Alessandro Inversini, docteur en sciences de la communication, professeur et vice-doyen de l’École hôtelière de Lausanne, où se forme la crème des professionnels du secteur. « L’hôtellerie est un univers de plus en plus exigeant, complexe et concurrentiel. Et il est plus que jamais en résonance avec les besoins de l’époque », ajoute le contributeur du dernier rapport « Hospitality Outlook 2026 » de l’institut de formation suisse. 

« Ce dont on peut être certain, c’est que l’hôtellerie ne pourra plus se permettre de poser de grands concepts et de demander à ses clients de s’y adapter : elle doit dresser des constats, partir des besoins des voyageurs et des générations à venir. Cela concerne tout le secteur, quelle que soit la gamme », abonde Delphine Leon Bellancourt, architecte d’intérieur et fondatrice de The Live Design Project.

Comme un contrepoids à la dématérialisation, s’esquisse un autre enjeu de taille : la dimension locale. Enseignes internationales comme adresses familiales ne peuvent plus se permettre d’être déconnectées de leur environnement. « On est allés au bout du bout de la standardisation », considère le designer Olivier Saguez, fondateur de l’influente agence de design global Saguez & Partners qui compte parmi ses clients les enseignes Hilton ou Kimpton, et a notamment œuvré à la nouvelle identité d’Adagio, leader de l’appart-hôtel – un secteur en plein renouveau. « L’hôtel de demain devra être ancré localement. Passé les fondamentaux – une literie à la hauteur, du silence, une salle de bains bien équipée – il devra aller au-delà et raconter quelque chose de l’environnement, de l’histoire, des traditions ou de la culture qui l’entourent. Cela peut passer par le décor, l’architecture mais aussi la musique, des détails, une boisson, un plat. Même un hôtel d’aéroport a les moyens d’être situé dans son environnement. »

« Expérience : c’est un mot qui peut paraître galvaudé, mais un hôtel, c’est la quintessence de l’expérience. Les voyageurs qui nous confient leurs nuits veulent rentrer chez eux grandis de ce qu’ils ont vécu », abonde l’hôtelière Alice Tourbier, pionnière de l’œnotourisme, qui cofonda il y a près de trente ans Les Sources de Caudalie dans le vignoble bordelais. Même observation de l’autre côté de la Méditerranée, au Maroc : « Voir un artisan calligraphe partager son savoir-faire, c’est un gage d’immersion dans l’histoire et la tradition locale », pose Eros Abrile, directeur des opérations de l’enseigne Akan, trois adresses au luxe discret enracinées dans la palmeraie et la médina de Marrakech.

S’ajoute une demande très concrète : la mixité d’usages, dans le sillage du phénomène du bleisure (de l’anglais business et leisure), où le voyage d’affaires devient occasion de vacances, et vice versa. Elle est nourrie par la concurrence désormais installée de nouveaux modèles, de l’essor d’Airbnb dans les années 2010 à la diversification des apparthôtels. Maisons hôtelières équipées d’espaces de travail, bars ou lobbys pouvant se transformer en salle de réunion, chambres modulables… « Qu’est-ce qui incitera un jeune voyageur à choisir un hôtel plutôt qu’une location ou un Airbnb ? C’est la qualité du service, mais aussi la flexibilité, la capacité à répondre aux futurs usages. Par exemple, on pourrait voir apparaître un service de ‘kit’ de travail prêt à l’emploi : un siège ergonomique, un deuxième écran pour connecter son portable, un vrai bureau, pour transformer à la demande la chambre en espace de travail », imagine l’architecte d’intérieur Delphine Leon Bellancourt. 

Compilation par J.A 

Article source : ici

Visuels :

En haut à droite © ICE - Agence italienne pour le commerce extérieur

Ci-dessus : © Equiphotel 

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